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SEVILLE, DE L’AUTRE COTE DU GUADALQUIVIR

Parfois, il suffit juste de traverser vers l’autre rive pour découvrir une ville complètement différente. C’est le cas de Séville. Pendant longtemps, le fleuve a fait la richesse de la ville, seul navigable d’Espagne qui s’ouvrait sur l’Atlantique. Si aujourd’hui les touristes se concentrent sur les sites du centre, ils en oublient les perles de Triana et de l’île de la Cartuja. Ce sont ces quartiers que j’aimerais aussi vous faire découvrir.

 

TRIANA

LA CERAMIQUE AU RANG D’ART

Triana était autrefois le quartier où on allait chercher les marins. Aujourd’hui, son identité est la céramique. Une céramique qui affleure de partout : sur les pots de fleurs qui ornent les balcons, sur les façades d’une église pour sublimer la Vierge Marie, sur les bancs ou sur les façades de riches demeures. Ici, les boutiques qui en vendent sont nombreuses. Et ici, ce n’est pas un objet kitsch à vendre au premier voyageur venu. Cela passe de la décoration religieuse aux énormes vases jusqu’aux fontaines. Ainsi, je vous invite à pousser les portes pour prendre un bain de couleurs vives et sentir l’âme d’un quartier.

DE PETITES EGLISES MAJESTUEUSES

Bien qu’il serait inconcevable de ne pas visiter la superbe cathédrale et la Giralda, le joyau de Séville reste pour moi ses églises de quartier, dont la plus vieille de la ville. Certes moins majestueuses, elles témoignent d’un goût baroque très prononcé. On ne lésine pas avec l’or dans celle qui fut la capitale du commerce espagnol. Le métal précieux abondait. On voue un culte à la Vierge dont les statues sont mises en valeur par des décors aux colonnes torsadées. Scrutez autour de vous et cherchez les énormes chars portés par une trentaine d’hommes lors de la Feria de Abril, eux aussi très chargés en or.

 

UNE PAUSE GOURMANDE AU MERCADO DE TRIANA

Car un voyage ne peut se concevoir sans nourriture, le Mercado de Triana sera votre halte gourmande. En effet, ce marché regorge de fruits et légumes qui nous semblent communs mais que vous redécouvrirez. Les tomates et les pommes de terre sont assez différentes de chez nous. Que vous choisissiez des tapas, des empanadas, de la charcuterie ou une salade de fruits, vous ne serez pas déçus d’aller donner vos pièces à des commerçants qui s’affichent avec des écriteaux en … céramique.

TRIANA EN FETE

Du 21 au 26 juillet, Triana se met en scène avec sa fête qui lui est propre : la vela de Sainte Anne, une fête populaire où de nombreuses tentes sont installées. On y danse la sévillane, on concourt pour être le meilleur pécheur, on y mange à la bonne franquette, on apporte des offrandes dans l’église de Santa Ana. Et vous pourrez vous amuser à voir des habitants du quartier participer à la cucaña. Le but est d’attraper un drapeau au bout d’un bateau en traversant un mât graissé.

VIREE EN KAYAK

        On ne penserait pas à cette activité à Séville mais le kayak s’y développe. Il ne vous sera pas difficile de trouver une compagnie à Triana qui vous proposera ses services même s’il est préférable de réserver. Une occasion d’en apprendre plus sur l’origine du quartier ou sur la Torre del Oro. Vous comprendrez que vous ne naviguez pas sur un cours d’eau naturel mais sur un canal qui a rendu la navigation possible.

L’ILE DE LA CARTUJA                

LE RÉSULTAT DE 1992

Après celle de 1929, Séville a décidé de présenter sa candidature pour l’exposition universelle de 1992 qu’elle a remportée. Comme argument, le cinq centième anniversaire de la découverte de l’Amérique par les Européens. Dès lors, ce quartier au nord de la ville s’est transformé. Malheureusement ou non, les touristes continuent de bouder ce quartier aujourd’hui. Je vous conseille de vous y rendre à vélo, promettant de belles balades le long du Guadalquivir. Vous pourriez même être tentés de le laisser de côté 30 minutes et de vous plonger dans une sieste bien relaxante. Indiquons aussi que la ville œuvre à revitaliser le quartier. Parmi les projets qui ont abouti, la tour Sevilla a divisé les habitants. Plutôt conservateurs, ils ne comprenaient pas l’idée d’un immeuble moderne qui osait en plus défier les hauteurs de la Giralda en la dépassant.

 

LE MONASTÈRE DE LA CARTUJA

Si on reste coincé dans le centre, on a vite fait de catégoriser Séville comme une ville musée. Pourtant, c’est une cité vivante et habitée. Mais on laisse peu de place à l’art contemporain. Peu de place sauf au monastère de la Cartuja. Ce lieu est passé par plusieurs vies: résidence de Christophe Colomb, monastère puis fabrique de faïence au XIXe siècle. Vous pourrez encore admirer les cheminées où on faisait cuire les céramiques. De ce côté du Guadalquivir, il y avait pas mal d’argile d’où l’activité de reconversion. Mais le site se délabrait et l’exposition universelle de 1992 allait lui donner un second souffle. Il abrite aujourd’hui des œuvres contemporaines, dans ses salles d’exposition et dans ses jardins. Un endroit en dehors des sentiers battus où il fait bon de boire un jus d’orange pressé dans la petite cafétéria.

Informations pratiques sur Triana et l’île de la Cartuja: 

Une bonne adresse pour le kayak: Naturanda est une bonne compagnie avec des guides sympas et expérimentés. Certains d’entre eux parlent français.

Une bonne adresse pour louer un vélo: Oh my bikes! vraiment pas cher: 3 euros pour une heure jusqu’à 10 euros la journée seulement. Ils ont même des vélos électriques (40 euros la journée).

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