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Pourquoi je pars dans le Deep South en avril-mai?

Après New York, il y a 2 ans, I come back to America. Mais une Amérique bien différente. Plus profonde, très pieuse et franchement républicaine puisque quelle que soit son acceptation, tous les Etats de cette grande région ont hissé Donald Trump à la tête des Etats-Unis. Mais qu’est-ce que le Deep South? Bien sûr, c’est au Sud du pays mais la vision des spécialistes est tiraillée sur les Etats à inclure. Plus large, elle inclut le Texas et la Floride. J’ai décidé de parcourir la partie plus restreinte. Mon périple s’étendra donc sur 6 Etats dont les 3 en gras seront privilégiés lors de ma visite: la Caroline du Sud, la Géorgie, le Tennessee, le Mississippi, la Louisiane et l’Alabama.

Qu’ont donc en commun ces Etats? Ils font partie de la Bible belt et ici, on ne rigole pas avec le sentiment religieux à tel point qu’on met au point des lois toilettes contre les transexuels en Caroline du Sud. Tous ont fait sécession pendant la guerre qui a déchiré les Etats-Unis de 1861 à 1865. Ils sont au carrefour des grands styles musicaux des Etats-Unis. La country à Music city USA (Nashville), le blues à Memphis, le jazz à La Nouvelle Orléans.

Certaines parties de ma description peuvent faire peur. Les bourgs perdus de l’Alabama et du Mississippi ont bien peu en commun avec San Francisco ou New York. Pourtant, c’est la bonne année pour s’y rendre.

RAISON N°1: Poursuivre la lutte pour les droits civiques

C’est à Memphis en 1968 que Martin Luther King est assassiné sur le balcon de son motel. Cette année, ça fera donc 50 ans et de nombreuses expositions et manifestations viendront rendre hommage à l’histoire des droits civiques. Une histoire qui n’est malheureusement pas terminée tant les tensions autour des déboulonnements de statues de généraux confédérés agitent les Etats du Sud. En Louisiane, c’est même un Afro américain sur 8 qui est emprisonné.

Mais le Sud profond tient quand même à rendre hommage à cette histoire et les lieux qui en parlent sont pléthore et organiseront à coup sûr des expositions. C’est certainement Birmingham avec son Institut des droits civiques, à la fois mémorial et musée qui en parle le mieux.  A côté du motel où Luther King a été assassiné, Memphis a également érigé son National Civil rights museum. A Atlanta, on peut aussi suivre les traces du célèbre pasteur. Sans oublier des lieux oubliés des circuits touristiques mais ô combien important dans la lutte: Selma et Montgomery en Alabama. Dans cette dernière, on vient d’inaugurer un mémorial de la Paix et de la Justice.

 

RAISON N°2: Regarder enfin son passé en face?

L’arrivée des premiers esclaves aux Etats-Unis se fait en 1619 à Jamestown en Virginie. Au fil des décennies et des siècles, ils seront des éléments moteurs des plantations. Vous aurez l’occasion d’en visiter en particulier en Louisiane. A voir la somptuosité de certaines et sachant que certaines sont toujours actives et extraient des tonnes à sucre encore de nos jours, on a du mal à se dire que cet Etat du Sud est le 8e le plus pauvre du pays. Le plus gros problème cependant, c’est le traitement de l’histoire dans les maisons coloniales. Oui car on aime à y admirer le mobilier, le style de vie qu’on imagine vite dans le style de celui de Scarlette O’Hara. Mais on oublie le principal: ceux qui ont fait vivre ces plantations.

Pourtant, les choses changent et c’est peut-être aussi pour ça que c’est le moment d’avoir un autre regard le Deep South. En 2014, la plantation Whitney située à 50 kilomètres de La Nouvelle Orléans a ré ouvert ses portes. Et elle a décidé de se consacrer entièrement à l’histoire de l’esclavage. Ainsi, les touristes noirs ont remplacé les touristes blancs. Pourtant, le projet n’est pas sans réticence. Alors qu’il aura fallu moins de 15 ans pour établir, un mémorial au 11 septembre à New York, 150 après la guerre de Sécession, il est difficile de parler de l’esclavage. Toutefois, des initiatives ont lieu un peu partout dans tout le Deep South: de l’Old Slave Mart de Charleston en 2007 à Charleston qui est un musée centré sur le commerce des esclaves sur un ancien marché public où on les vendait au musée national des Droits civiques à Memphis en 1991.

 

Raison n°3: Fêter La Nouvelle Orléans

En 1718, La Nouvelle Orléans est fondée, prenant ce nom à cause du duc Philippe d’Orléans. Si vous savez compter, vous avez compris que la ville célèbre ses 300 ans cette année. 2018, c’est donc le bon moment pour mieux la saisir avec de nombreux événements et expos. Ce sera le cas à The Historic Orleans Collection qui organise deux expositions intéressantes: jusqu’au 27 mai, elle en organise une sur la fondation de la ville tandis qu’en automne, une autre se penchera sur le Post Katrina. De quoi brasser une histoire longue.

Certes, 300 ans pour une ville française, c’est peu mais aux Etats-Unis, c’est une éternité. N’oublions pas non plus que les liens de cette ville avec la France sont très profonds. D’ailleurs, le plus vieux restaurant des Etats-Unis est le restaurant Antoine qui imprime toujours ses menus en français. Peu d’endroits aux Etats-Unis ont un lien aussi profond avec notre patrie.

 

Raison n°4: Le nouvel eldorado des séries et du cinéma

True Blood, True detective, 2 séries à succès des années 2010 sont ancrées dans les décors de la Louisiane. Certes, on donne une image de misère sociale, voire limite de bouseux mais les séries télévisées s’écartent désormais des sentiers battus que sont New York et la Californie. L’une des meilleures d’entre elles est pour moi l’excellente Tremé  de David Simon qui mène une réflexion brillante à la limite du documentaire sur La Nouvelle Orléans post katrina. En dehors de la Louisiane, The Walking dead se déroulait à Atlanta. Même si la série Stranger things se passe dans l’Indiana, les scènes sont pourtant tournées dans la banlieue proche d’Atlanta comme la bourgade de Douglasville. Côté cinéma, Autant en emporte le vent, Les Bêtes du Sud sauvage, La Couleur pourpre, Walk the line, Mississippi Burning jusqu’au dessin animé La Princesse et la Grenouille.

 

Pourquoi en avril?

Quand partir dans le Deep South? On peut partir un peu quand on veut. En février, La Nouvelle Orléans fête le Mardis Gras avec une grande excitation. En avril, elle accueille le Jazz festival l. Mais je déconseillerai l’été car une de mes amis s’y est rendue à cette période et c’est étouffant en particulier en Louisiane et à Savannah. Pour preuve, nous sommes début mars et le thermomètre annonce 26°C à La Nouvelle Orléans et 21°C à Savannah. Imaginez donc en juillet-août surtout que c’est une chaleur moite.

 

RDV donc fin avril pour découvrir ensemble cette destination de caractère.

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