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8 RAISONS DE VISITER MONTPELLIER

   Les métropoles françaises aussi valent le détour. C’est ainsi qu’après Nantes, Bordeaux, Strasbourg, Nice, Lyon ou encore Lille (ma ville), je suis parti à la découverte d’une autre grande ville française : Montpellier. Entre la Méditerranée et les montagnes, on associe depuis longtemps la ville au bien vivre. Mais finalement, bien qu’elle soit attrayante, il est difficile de citer les monuments emblématiques de la ville. Peut-être parce qu’elle n’en a pas? Ca ne la rend pas moins intéressante. Ce « Montpellier en 8 expériences » n’a nullement vocation à un classement mais je partage les expériences que j’ai adorées lors de mon premier séjour.

 

UNE VISITE GUIDÉE DE L’ECUSSON 

Les visites guidées en France sont généralement de grande qualité. Mais celles de Montpellier font partie des meilleures selon moi. D’abord par la qualité des intervenants mais aussi par le programme foisonnant qu’elles proposent. Pour ma part, j’ai choisi la version longue de la visite du centre historique, c’est-à-dire trois heures.

 

Alors que les façades du XVIIe siècle avares en fioritures nous encerclent, les guides nous font découvrir un autre Montpellier : celui du Moyen-Age, une époque beaucoup moins poussiéreuse que ce qu’on véhicule. En effet, derrière les portes, on redécouvre l’architecture gothique et les arcs brisés. Certains sont d’ailleurs encore visibles sur quelques bâtisses, témoin des remaniements. Dès la fin du XIIe siècle, Montpellier est insérée dans les grands réseaux de commerce du Moyen-Age. Participant aux foires de Champagne, les commerçants de la cité rachètent les draps des villes flamandes mais ne s’arrêtent pas là. Avant de les revendre, ces draps vont devenir écarlates par une technique tinctoriale sur laquelle Montpellier a le monopole : la cochenille. Ce rouge s’obtient à partir des corps séchés d’insectes femelles qui se nourrissent des chênes kermès dans la région.

 

Au XIIIe siècle, une institution fait aussi la renommée de la ville : la faculté de médecine. Elle est la plus ancienne du monde depuis la disparition de celle de Salerne même si certains en débattent encore.  N’imaginez pas un bâtiment avec des amphis pleins à craquer car jusqu’au XIVe siècle, les cours sont dispensés dans les logis des maîtres. Aujourd’hui, la ville est toujours spécialisée dans ce secteur. Enfin, le mikvé médiéval, un bain juif du XIIIe siècle, nous rappelle l’importance de cette communauté dans la cité.

 

Cette visite fut aussi l’occasion d’en apprendre davantage sur les guerres de religion qui ont traumatisé la France du XVIe siècle. Montpellier a longtemps été un foyer protestant avant que la révocation de l’édit de Nantes en 1685 ne fasse chuter drastiquement cette communauté. Cette histoire a laissé des empreintes sur la ville. Beaucoup de places sont d’anciennes églises catholiques détruites par les protestants. Saviez vous d’ailleurs que la forme arrondie de la place de la Canourgue s’explique par un projet d’église qu’avait eu en tête Richelieu après la reprise de la ville par les catholiques? Cette forme arrondie était en fait l’abside (c’est toujours par là qu’on commence à construire) mais le projet s’est brutalement arrêté.

 

La place de la Concorde nous montre une toute autre architecture qui elle est bien éclectique. En effet, de nouveaux fortunés intègrent la bourgeoisie. Leur source de richesse ? Le vin. Mais attention car si le Languedoc est réputé pour la qualité de ses bouteilles aujourd’hui, ça n’a pas toujours été le cas. Et ceux qu’on surnommait les pinardiers vendaient à foison de la piquette. La Première guerre mondiale améliore encore leurs revenus puisqu’ils vont fournir les soldats. Résultat : de nouvelles demeures sont construites dans un style néo Renaissance, néo-byzantin, néo-gothique … On  mélange tout.

 

LES TRAMWAYS DE MONTPELLIER

Le tramway a le vent en poupe dans les agglomérations françaises depuis quelques années. C’est au début des années 2000 que Montpellier réouvre son réseau de tramway. Aujourd’hui, 4 lignes couvrent 60,5 kilomètres. Pour les lignes 3 et 4, on fait appel à Christian Lacroix, un enfant de la région, pour le design. Pari réussi. Les tramways qui traversent la ville sont habillés aux couleurs des 4 éléments.

LA FACULTÉ DE MÉDECINE

Une autre visite guidée intéressera les étudiants en médecine, les historiens en herbe et tous les curieux. La faculté de médecine n’ouvre ses portes que dans le cadre d’une visite guidée. L’occasion de voir la salle où se déroule les thèses de médecine où l’impétrant est vêtu de la célèbre robe rouge de Montpellier portée par Rabelais. Située dans un ancien couvent, il faut savoir qu’autrefois, on dispensait les thèses devant les hauts dignitaires religieux de la ville. C’est aussi l’occasion d’avoir quelques explications sur les docteurs vedettes. Mais la vraie star, c’est le musée d’Anatomie. Ayez tout de même le cœur bien accroché : fœtus anormaux dans du formol, siamois, squelettes, malformations congénitales … font partie des meubles.

LE JARDIN DES PLANTES

Un peu de fraîcheur ne fait pas de mal dans une ville peu adepte des grands espaces verts. Le jardin des plantes se situe au nord de la Place de Peyrou et peut se targuer le plus vieux jardin botanique de France. 2 000 espèces végétales composent ce jardin très exotique. Venez lors de l’éclosion des lotus.

LA PANACÉE

La Panacée, c’est la caution art contemporain de la ville. Et c’est plutôt réussi. D’abord, c’est gratuit. En ce qui concerne les expositions, c’est à chacun de se faire sa propre opinion. Un artiste noir décrivait bien la société afro-américaine en mélangeant le blanc et le noir dans ses portraits. Rappelez-vous le surnom d’Obama : Oreo, ce qui signifiait noir à l’extérieur, blanc à l’intérieur. Une belle installation sur ce qu’est l’identité et sur la question des droits civiques.

LE MUSÉE FABRE

Beaucoup plus classique, le musée Fabre est en fait le Musée des Beaux Arts de Montpellier. Les œuvres de Rubens, Delacroix, Degas, Matisse entre autres font partie du décor. Une belle section se consacre à Octave Tassaert, peintre peu connu mais qui a été une influence pour Van Gogh ou Gauguin. Il se consacre avant tout à la scène de genre mais s’est aussi beaucoup tiré le portrait. Ses autoportraits inondent le musée. Il s’est même représenté … en Jésus !

LE MONTPELLIER CONTEMPORAIN

On aime ou pas. Moi j’ai adoré. S’il y a bien une figure politique à retenir, c’est Georges Frêche, un cador du Parti Socialiste avec lequel il n’a pas entretenu que des bonnes relations. Il a véritablement transformé la ville. C’est d’abord lui qui a acté les nouvelles lignes de tramway. Mais on retiendra surtout en matière d’urbanisme les nouveaux quartiers modernes. Et autant dire qu’ils se veulent monumentaux. Antigone se veut une relecture très contemporaine de l’art antique avec ses immenses colonnes qui ne soutiennent rien du tout. De nombreuses fontaines ont été aménagées dans cet immense boulevard aéré. Pompeux, je vous l’accorde !

 

Rapprochez vous ensuite du Lez et longez-le. Même si les quais sont un peu déserts, on sent qu’ils vont bientôt connaître une nouvelle jeunesse. Ici essaiment tout autour quelques pépites architecturales contemporaines. L’ambiance est tellement lointaine de celle de l’Ecusson.

 

Enfin, poussez jusqu’à Port Marianne, au sud d’Antigone. Vous pourrez vous poser autour du bassin bordé de palmiers où barbottent des canards et des cygnes. Là aussi, des bâtiments modernes dont l’Hôtel de ville qui ne m’a pas franchement convaincu.

LES NOUVELLES FOLIES

Les Folies, c’est le nom des domaines en périphérie de la ville, résidences d’été des anciens notables qui s’inspiraient de Venise. Montpellier a la volonté claire de s’inscrire dans l’architecture de son temps et mène depuis peu un programme nommé « Les nouvelles Folies architecturales du XXIe siècle ». On attend 12 ouvrages dans le cadre de ce programme. Deux sont déjà sortis de terre. Le premier, le jardin de la Lironde, un quartier durable où se trouve notamment le nouveau lycée hôtelier qui accueille 1 000 élèves. Le deuxième, l’Arbre blanc, œuvre du japonais Sou Fujimoto, un arbre résidentiel au-dessus duquel un restaurant était attendu. Le sommet est envisagé comme le mont Fuji, rien que ça.

Informations pratiques sur Montpellier: 

Où réserver les visites guidées? Sur le site de l’office du tourisme. Une myriade de visites sont proposées mais attention, ce n’est pas tous les jours et pour beaucoup d’entre elles, une ou deux fois par an seulement. A côté du centre historique et de la Faculté de médecine, d’autres visites ont pour thème les hôtels particuliers, le street art ou encore la nouvelle faculté de médecine. Ça vaut vraiment le coup.

Où bien manger? L’Atelier de la Canourgue. En terrasse sur une des plus belles places de la ville, optez pour le déjeuner. Le midi, cuisine simple et tapas le soir. La brandade de morue, plat qui n’est pas le plus raffiné, était succulente et pas trop lourde. Sachez que l’Atelier de la Canourgue est surtout un bar à vins. Autant dire que la sélection s’oriente sur les vins de la région. Et le Languedoc n’a pas à rougir face au Bordelais et à la Bourgogne. Il est loin le temps des pinardiers.

Où se loger? Chez Maëva. C’est du Airbnb mais en chambre privée donc on ne participe pas à la raréfaction des logements. En plus d’avoir un superbe appartement, la mère d’origine polynésienne, sera toujours prête à discuter avec vous. C’est une dame très ouverte à qui on aime tenir compagnie.

MON AVIS SUR MONTPELLIER:

2 jours auront suffi pour placer Montpellier dans mon top 3 des villes françaises aux côtés de Bordeaux et Nantes. On ne suffoque pas trop à cause de la foule ici. N’ayant pas de point d’intérêt plus majeur qu’un autre, aucun endroit n’est trop bondé. L’office du tourisme propose des activités et des visites qui me donnent vraiment envie de revenir. Et il y a ce contraste entre le Vieux Montpellier et cette architecture contemporaine qui donne un nouvel élan à la ville. Mais ce qu’on retient le plus, c’est son atmosphère décontractée autour d’un verre de vin, sur une terrasse ou autour de bons tapas. Je reviendrai.

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