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RUBENS ET LES EGLISES D’ANVERS EN 5 LIEUX

L’événement Antwerp Baroque 2018 a pour sous-titre : Rubens inspire. C’est vraiment l’artiste qui a donné ses lettres de noblesse à la ville au XVIIe siècle alors qu’elle avait été punie pour ses acointances protestantes le siècle précédent. Anvers se remettait difficilement de cette période et entrait dans une période de déclin. D’ailleurs, Rubens l’avait quittée de 1600 à 1608 pour parfaire son art en Italie, grand admirateur de Michel Ange et du Caravage qu’il était. Formidable peintre mais surtout excellent homme d’affaires, il a senti le filon à Anvers qui n’intéressait plus grand monde. Eglises et couvents avaient été saccagés en 1566 lors de l’année des merveilles qui signait une crise iconoclaste orchestrée par les protestants. Les commandes pleuvaient donc pour leur redonner vie. C’est là que Rubens entre en scène avec une armée de peintres qu’il embauche dans sa manufacture, une véritable usine de l’art. Car nombre de ses tableaux sont de l’atelier de Rubens, pas forcément peints par lui, même s’il donnait bien souvent le la avec les œuvres préparatoires qui devaient guider ses ouvriers. Ce n’est donc pas Anvers qui a fait Rubens mais Rubens qui a fait Anvers. Rubens et les églises d’Anvers, c’est une grande histoire d’amour. C’est  à l’occasion d’Anvers baroque que je les ai découvertes. C’est parti pour un tour religieusement rubenesque qui vous occupera pendant au moins deux bonnes heures.

L’église saint andré

On commence avec la plus éloignée. Elle place Rubens au cœur de ses origines. Vous ne trouverez pas ici d’oeuvre signée Rubens mais Le Martyre de Saint André d’Otto Van Veen, celui qui lui apprit le métier. Cette église avait besoin d’un nouveau tableau après que nombre de ses œuvres furent détruites. Un jeune apprenti de 17 ans y mit sa touche : Rubens. Ce tableau l’a beaucoup inspiré dans sa célèbre Erection de la Croix qui se trouve dans la grande cathédrale. Cette église est aussi très importante pour Rubens car c’est là qu’il fit baptiser sa fille Clara Serena et son fils Albert.

Adresse : Entrée par Waaistraat 5 => PROCHAINE ETAPE A 6 MINUTES

ONZE-LIEVE-VROUWEKATHEDRAAL

Cette église n’est pas un trésor caché d’Anvers mais elle est incontournable dans le lien fort qu’entretiennent Rubens et les églises d’Anvers. Vous y trouverez des œuvres parmi ses plus célèbres.

L’ERECTION DE LA CROIX

C’est pour cette raison qu’il faut absolument visiter l’église Saint-André avant. Vous comprendrez ainsi l’influence que l’oeuvre d’Otton Van Veen a exercé sur Rubens : une croix oblique au centre, les femmes à gauche, la présence d’un cavalier à droite. Mais il y a des différences également. Si un chien de compagnie se situe en bas de la croix sur l’oeuvre de Van Veen, Rubens lui substitue un chien de berger plus puissant. Cette œuvre est aussi plus ambitieuse car elle constitue un tryptique et reprend les codes de l’éclairage du Caravage. Elle exerce une immense fascination lorsqu’elle est présentée en 1610 à cause de son réalisme dramatique. Le succès est tel que Rubens choisit cette œuvre comme carte de visite pour obtenir de nouvelles commandes.

 

 

L’assomption de marie

Un autre tableau important dans la vie du peintre. En 1611, les églises d’Anvers et Rubens semblent définitivement sceller leur union. Symbolique tout d’abord car avec cette œuvre, il évince Van Veen. L’élève a mangé le maître. D’autre part, la figure de Marie est importante pour une église catholique qui s’engagea dans la Contre-Réforme. Car pour se démarquer des protestants, elle réaffirme haut et fort le culte à la Vierge. Tandis que l’Erection de la croix est lourde, ce tableau de par ses couleurs chatoyantes tend plutôt vers la joie afin de célébrer la libération de Marie.

Adresse : Groenplaats => PROCHAINE ETAPE A 8 MINUTES

EGLISE SAINT-PAUL

Peut-être que sans l’église Saint-Paul, vous n’auriez jamais pu admirer les superbes tryptiques de la grande cathedrale juste avant. Car avant d’exposer dans la plus grande église de la ville, il fallait se faire connaître. Un an avant l’Erection de la croix qui mit les Anversois en émoi, les dominicains d’Anvers furent les premiers à commander une toile à Rubens pour une église. C’est surtout dans cette superbe église que vous pourrez voir ses 15 Mystères du Rosaire qu’il peint avec une dizaine d’artistes.

L’ADORATION DES BERGERS

En 1609, Rubens peint encore une fois une œuvre aux allures italiennes à un moment où sur la botte, on est friand de scènes nocturnes. La lumière se dirige vers l’enfant Jésus d’où émane tout l’éclairage de l’oeuvre. Encore une fois très réaliste, on comprend que Rubens a beaucoup étudié les bébés avant de les peindre. Laissez vous guider par les autres tableaux présents dans cette église.

Adresse : Entrée par le Veemarkt => PROCHAINE ETAPE A 6 MINUTES

EGLISE SAINT-charles de borromée

Contrairement aux autres églises, la construction de celle-ci est contemporaine de l’artiste. Pas étonnant, son nom prend celui d’un grand jésuite qui avait pour but de faire avancer la Contre-Réforme. Enfin, sa façade reprend le style du XVIIe siècle, à savoir le baroque.

Une rivale à la chapelle sixtine ?

Si les choses étaient restées en l’état, alors nous admirerions aujourd’hui une église aussi belle que la chapelle Sixtine. Sauf que le maître n’était plus Michel-Ange mais notre célèbre peintre anversois. Comme pour la chapelle Sixtine, cette œuvre était une commande dans le cadre de la Contre-Réforme. En en mettant plein la vue, on espérait faire revenir les fidèles dans le droit chemin. Les jésuites d’Anvers qui y tenaient place avaient les yeux aussi gros que le pape. Ils commandèrent à Rubens 42 tableaux dont 39 qui seraient installés au plafond, soit plus que ceux de la chapelle papale. Ils représentaient des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les trois autres étaient des retables racontant Les Miracles de Saint Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites, Les Miracles de Saint François Xavier, un missionnaire jésuite qui est allé jusqu’en Chine et L’Assomption de Marie pour rappeler le culte marial et se distinguer des protestants. Malheureusement, un incendie en 1718 emporta les tableaux du plafond. Deux des retables sauvés devinrent possession des Autrichiens.

Une façade à l’italienne

Certes, Rubens n’était pas architecte mais on fit quand même appel à lui. L’Italie donnait encore le ton en matière artistique et personne n’oublia qu’il y avait passé 8 ans. Il aida donc les architectes à la conception d’une façade baroque. Et il dessina même les anges qui jouent de la trompette au dessus de l’entrée principale.

PROCHAINE ETAPE A 6 MINUTES

EGLISE SAINT-jacques

Il y avait beaucoup d’églises à Anvers puisque la population était importante. L’église paroissiale de Rubens, celle où il assistait aux offices, était celle-ci. Un de ses enfants y fut baptisé tandis que c’est là que fut célébré son deuxième mariage avec Helena Fourment après la mort de sa première femme. Les cinq enfants qu’il eut avec elle furent également baptisés ici. Enfin, dernier détail de taille : c’est là où vous trouverez sa chapelle funéraire achevée cinq ans après sa mort. Ce n’est qu’au dernier moment qu’il choisit de se faire inhumer ici. Il avait prévu de l’être à l’abbatiale Saint-Michel où reposait sa première épouse. On célébra 850 messes pour lui après sa mort dans plusieurs églises de la ville.

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