France

J 2, 3 ET 4 LANGUEDOC-ROUSSILLON : NIMES ET SES ENVIRONS

Adieu vaches et moutons des Cévennes, direction le Gard pour 3 jours. C’est comme si on suivait la route de Rome. Sur le chemin de Nîmes et ses environs, Uzes est l’endroit d’où partait la source qui alimentait le pont du Gard jusqu’à Nîmes. C’est donc ces 3 étapes que je me suis efforcé de suivre. Et au cas où j’aurais oublié quelque détails, le musée flambant neuf de la Romanité me rafraîchira la mémoire. On démarre donc la voiture ne sachant jamais quoi choisir entre mettre la clim’ à fond ou ouvrir grand les fenêtres.

JOUR 2/ UZES A LA SOURCE DU VOYAGE

ambiance provençale

La garrigue encercle Uzès. Des arbustes et des plantes écrasées sous la chaleur d’été, les cigales entonnent leur plus belle symphonie. La Provence est à côté mais peu importe le tracé des frontières, nous y sommes. Le soleil cogne. Les habitants ne profitent pas de l’éclatante lumière et préfèrent se barricader derrière les volets. J’avais lu ici et là que la ville était bondée en été. On peut remercier les 40 degrés à l’ombre. Lors de notre promenade dans le vieil Uzès, les touristes restaient cramponnées à leur table en terrasse de la place aux Herbes. En plein mois de juillet, la ville était à nous. Et si vraiment vous crevez de chaud, réfugiez vous dans les galeries d’art qui proposent quelques pépites.

DANS LES RUES SILENCIEUSES DE LA VIEILLE VILLE

Dans les rues silencieuses d’Uzès, nous avons profité de notre solitude. Nous avons vite compris que les touristes avaient tous fait cap vers le littoral. L’intérieur du Languedoc-Roussillon reste donc assez épargné par le flot des badauds. Si j’aime d’habitude préparer un programme pour la visite d’une ville, j’ai vite compris que ça ne servait à rien à Uzès. Elle fait partie de ces villes où il ne faut que déambuler. Cela ne veut pas dire qu’on ne fait rien. On admire la pierre blonde des maisons qui s’élèvent. Aujourd’hui, elles sont plutôt fractionnées en appartements. Uzès attire beaucoup d’habitants car plus accessible que sa voisine Nîmes et son cadre vie est parfait. Et en plus, de super restos nous font saliver.

BONUS: LES CONCLUSES DE LUSSAN

Pas forcément connues, les concluses de Lussan sont un bel échappatoire à ceux qui voudraient retrouver un peu la nature autour d’Uzès. Ces gorges très confidentielles par rapport à celles du Tarn ont été creusées par l’Aiguillon. Si leur longueur n’est que de 6 kms, en revanche, leur hauteur est vertigineuse. Ce que vous voyez en bas se trouve à 200 mètres sous vos pieds. Et l’été, le site est impressionnant. La rivière est complètement asséchée et vous permet de marcher sur son lit à travers les grosses pierres. La randonnée aller-retour dure une heure mais comme moi, passez y plus de temps. Évadez vous plus loin dans le lit de l’Aiguillon car les touristes n’aiment pas trop s’aventurer vers les coins qu’ils ne connaissent pas. D’en bas, on se sent vraiment tout petit.

Informations pratiques sur Uzès: 

Quand partir? Certes, il fait très chaud l’été et c’est le moment où il y a le plus de touristes mais on peut tout de même se retrouver seul dans les rues. Préférez les mois d’avril et mai moins étouffants. A partir mi-décembre, la truffe est en fête à Uzès. Un restaurant éphémère ouvre à cette période dirigé par le collectif Truffières d’Uzès. Il disparaît dès lors où il n’y a plus de truffes et revient l’année d’après. Des cours de cuisine sont également dispensés chaque samedi de 10h00 à 12h00 suivi d’une dégustation de votre plat avec votre verre de vin pour 80 euros par personne.

Combien de jours partir? Une journée suffit amplement. Pour ma part, j’ai visité la ville et les concluses de Lussan en un jour. Je ne suis pas rentré dans les musées qui me semblaient peu intéressants.

Où se loger? C’est chez une hôte Airbnb que nous avons passé un excellent moment. Elle s’appelle Claire. Elle a un appartement superbe dans les immeubles anciens d’Uzès. On voit même l’escalier ressortir dehors. D’excellent conseil, ses petits-déjeuners sont d’une très grande qualité, en particulier ses tartes.

Où bien manger? On avait envie de se faire plaisir à Uzès. On s’est donc fait un très bon resto gastronomique appelé Le Bec à vin. Vous mangerez dans une cour des plus romantiques. Le personnel est très professionnel. Il y a une bonne carte des vins. Et le plat était divin: un risotto aux truffes comme pour bien honorer Uzès. En dessert, des pêches cuites et fondantes. Nécessité de réserver. Sachez qu’il y a de nombreux très bons restaurants dans la ville mais fuyez absolument ceux de la place aux Herbes, de vrais attrape touristes.

JOUR 3/ LE PONT DU GARD, LA MERVEILLE

UN SITE INSCRIT AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO

Le Pont du Gard est certainement le site le plus connu de Nîmes et ses environs. C’est aussi celui qui incarne le plus l’héritage romain de notre pays. Je me méfie souvent de ce genre de lieux. Très touristique, j’en ai été bombardé d’images. Et pourtant, cet aqueduc a exercé sur moi une fascination. Ce fut le plus beau moment de mon voyage. La cité de Carcassonne, les châteaux cathares, Montpellier, rien n’y a fait. Mais pour l’apprécier pleinement, il faut y consacrer une journée entière. Quoi ? Toute une journée autour d’un aqueduc, suis-je devenu fou ? Pas tant que ça en fait.

LE MOMENT SPORTIF : LE KAYAK

Débutez la journée à bord d’un kayak. Si vous y allez l’été, vous serez obligé de partir de Collias, le niveau d’eau étant trop bas dans les autres villages. Les compagnies sont nombreuses et vous trouverez sans mal une embarcation. J’ai choisi le Kayak vert mais elles se valent toutes. C’est la première que j’ai vu sur la route. Laissez votre voiture sur l’immense parking afin de prendre la navette. Une fois que tout est payé, on aborde le Gardon. Si les rues d’Uzès étaient silencieuses, les méandres de la rivière sont encombrés. On bifurque souvent pour ne pas foncer dans des kayakistes peu aguerris et lents. Les plus beaux moment sont ceux où on débarque sur les plages de galets pour se baigner entre les kayaks couleurs criardes. On retarde volontairement l’instant et on est aussi retardé malgré soi à des endroits par une faible profondeur qui nous empêche d’avancer. Mais au bout d’un moment, il faut bien s’y mesurer. Le Pont du Gard se dresse là devant nous. Il est long, il est grand et on ne fait pas le fier en lui passant entre les jambes.

LE MOMENT CULTUREL : LE MUSEE

Les musées vous barbent ? Pas moi. Et surtout pas l’Espace muséographique du Pont du Gard. Le musée est interactif mais aussi extrêmement riche. Alors que d’autres musées liés à l’Antiquité retracent les grandes périodes de l’histoire romaine, ce musée se focalise uniquement sur les aqueducs dans l’empire romain et surtout sur le pont du Gard. On apprend donc que les arches que vous voyez dehors ne sont que la partie émergée de l’aqueduc, le maximum de l’infrastructure étant enterrée sous terre. C’est aussi l’occasion d’expliquer en détails les chantiers ou l’usage de l’eau dans les cités romaines.

LE MOMENT PAYSAGE : MEMOIRES DE GARRIGUE

C’est sûrement le lieu le lus secret du Pont du Gard. Et pourtant, il est sur toutes les cartes que vous trouverez à l’entrée du site. C’est un sentier qui recrée la garrigue. Un paysage qui tient tête à la chaleur qui s’étend sur une grande partie du Languedoc-Roussillon. Ici, la nature est réduite en taille : les arbres ne sont jamais très grands, les feuilles jamais trop longues, plus souvent pointues que rondes pour économiser le maximum d’eau. Thym et romarin embaument le tout. Et en plus il y a des explications sur chaque plante et arbre. Autant dire que Matthieu était ravi car j’ai tendance à tout vouloir lire. C’est 1h30 à l’écart des touristes pour se ressourcer. Et vous verrez même les vestiges d’un autre aqueduc. Certes moins impressionnante, elle est tout aussi intéressante, surtout après la visite du musée.

LE MOMENT FASCINANT : DANS LE PONT DU GARD

L’aqueduc est à Rome ce que la pyramide est à l’Egypte. Et le Pont du Gard est sûrement le plus impressionnant aujourd’hui. C’est vous dire la merveille. Il commence donc à Uzès et vient alimenter la cité de Nemausus (Nîmes). Toutes les cités n’étaient pas desservies par un aqueduc. Il existait des moyens plus traditionnels de récupérer l’eau (puits ou citernes publiques ou privées). Mais certaines cités comme Nemausus étaient beaucoup trop peuplées pour se contenter de citernes. Il fallait apporter de l’eau aux gens mais aussi aux fontaines publiques, aux thermes et aux spectacles. Je le répète, la série d’arches monumentales que vous avez en face de vous n’est qu’une partie de l’infrastructure qui amenait l’eau sur 50 kilomètres en suivant une pente douce tout le long, ce qui amenait à faire des détours nécessaires. Une prouesse d’ingénierie. Les aqueducs ne sont jamais en ligne droite. Les arches monumentales étaient toutefois essentielles sur les terrains dont le dénivelé était important comme les vallées ou les cuvettes. La conduction d’eau se faisait majoritairement par canaux souterrains et à ras du sol.

Ce qui rend le Pont du Gard si mémorable, c’est d’abord son pont. Celui-ci ne date pas des Romains mais du Moyen Age où on recycla le lieu à des fins de passage, ce qui permettait de lever des droits de douane. Mais ce qui le rend si majestueux, c’est qu’il possède trois rangées d’arches, ce qui est très rare. La plupart des viaducs en possédaient deux. Au dessus de la troisième rangée bien plus petite, on y trouve le specus, le conduit où l’eau transitait. Si vous venez tôt le matin, vous aurez la chance de pouvoir y entrer avec une visite guidée. Réservation obligatoire.

LE MOMENT BAIGNADE : DANS LE GARDON

Attendez que les touristes commencent à partir vers la fin de la journée. Vous pouvez admirer le coucher de soleil sur les arches en vous plongeant dans les eaux du Gardon. L’été, c’est un délice. Les températures sont très bonnes, l’eau est peu profonde. Idéal pour y aller en famille.

Le MOMENT SPECTACLE

Je ne suis pas un grand fan des sons et lumières à la base mais je dois avouer que celui organisé sur le Pont du Gard m’a subjugué. Quand la nuit tombe, les civilisations anciennes se réveillent d’outre-tombe pour plaquer leur mémoire sur les arches. Aztèques, Egyptiens, Grecs, Romains … sont tous au rendez vous.

Informations pratiques sur le Pont du Gard: 

Quand partir? L’été, les touristes abondent. Préférez les mois d’avril, mai et juin. Vous pourrez profiter de la baignade en plus.

Combien de temps y passer ? Consacrez lui une journée complète. Entre le kayak, le musée, l’aqueduc en lui-même et la baignade, vous remplirez bien votre temps.

Le bon plan: N’hésitez pas à arriver dans les premiers pour vous procurer le « Pass aqueduc ». Pour seulement 11,50 euros (9 pour tarif réduit), vous aurez droit à l’entrée au musée, du site et des mémoires de garrigue et surtout une visite guidée qui vous permet d’entrer dans le specus.

Où bien manger dans le coin? Bien évidemment, les restaurants sur le site ne sont pas d’une grande finesse et coûte très cher. Nous avions décidé après le kayak de nous prendre une pause déjeuner avant de retourner au musée. Nous sommes allés dans un village nommé Vers-Pont-du-Gard dans lequel on n’a croisé aucun touriste. Là, il y a une adresse bien sympa, La Grange de Vers. En plus d’être un café et un resto, c’est un bar à vin. On nous  proposé à midi une salade avec melon et pelardon. Moi qui n’aime pas le fromage, j’avoue avoir été très agréablement surpris. La cuisine était vraiment succulente.

JOUR 4 : Nimes la romaine

PROMENADE ANTIQUE

Nîmes est surtout connue pour ça. Bien que sa candidature au patrimoine de l’UNESCO ait été recalée cette année, ça ne nous empêche pas de déambuler dans l’ancienne Nemausus. Il y a bien sûr des incontournables. D’abord la Maison Carrée qui se tenait au centre du Forum. Si c’est l’un des temples romains les mieux conservés du monde, sa visite n’est pas pour autant passionnante. Autre lieu immanquable : les arènes de Nîmes. La visite est absolument nécessaire. Elle montre clairement le processus de romanité. Bien que moins grand que le Colisée à Rome, cet amphithéâtre a mis deux fois plus de temps à se construire. En effet, ce sont les notables de Nemausus qui devaient payer sa construction ainsi que les spectacles quand l’empereur dépensait des sommes astronomiques à Rome. Comme dans d’autres amphithéâtres, les combats de gladiateurs, d’animaux et les naumachies (batailles navales) ravissaient les spectateurs. Mais attention, n’imaginez pas de lions, d’éléphants ou autres mammifères africains. Cela coûtait trop cher à importer. On faisait donc avec les animaux du coin. Les sangliers, cerfs ou ours faisaient frémir l’assistance. Mais pourquoi arènes  de Nîmes ? Car arena en latin signifiait le sable. C’est toujours ce même mot qu’utilise les Espagnols.

Très souvent, ces deux lieux captent notre attention or d’autres trésors romains se cachent dans la ville. Dirigez vous vers les jardins de la fontaine, un véritable havre de paix. Reprenant le plan de l’ancienne fontaine antique de Nemausus, le temple de Diane à gauche de la fontaine date du IIe siècle. Montez les jardins même si la chaleur vous brûle. Tout en haut, vous pourrez visiter la tour Magne, un des derniers restes des remparts de Nîmes. Auguste les offrit à la cité dès lors où celle-ci est devenue romaine. Cependant, leur vocation était plus décorative que défensive. Enfin, comme pour boucler la boucle, rejoignez le Castellum. Ce bassin circulaire était le point d’aboutissement de l’aqueduc de Nîmes qui était parti d’Uzès.

NIMES A L’HEURE ESPAGNOLE

A 2h30 de l’Espagne, Nîmes lui partage certains éléments culturels sans sourciller. Bien sûr, la ville est célébrée pour ses incroyables ferias où spectacles taurins dont les abrivados (conduite des taureaux par des chevaux) et fiestas enivrent les Nîmois et les touristes. De nombreux Andalous viennent se joindre à la fête dans laquelle ils trouvent des éléments communs aux leurs. Ce qui m’a beaucoup étonné en revanche, c’est le nombre de bars à tapas. Il y en a pléthore dans la région mais encore plus concentré dans les grandes villes comme Nîmes. Le mieux est encore de les déguster dans l’arrière cour d’une bodega.

NIMES, COTE CONTEMPORAIN

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, Nîmes n’est pas une ville musée. Fière de son passé romain, elle n’hésite pas une seconde à s’ancrer dans le XXIe siècle. Et elle n’a pas à pâlir face à Montpellier en terme d’architecture contemporaine. En face de la Maison Carrée, le Carré d’Art très épuré accueille les œuvres d’artistes contemporains. Mais la nouvelle star, c’est sans nul doute le Musée de la Romanité signé Elisabeth de Portzamparc ouvert en juin 2018. Les lignes ondulées de ce bâtiment ultramoderne contrastent avec la rigueur des arènes juste en face. C’est un grand succès auquel je consacrerai prochainement un article.

Informations pratiques sur Nîmes: 

Quand partir? On m’a déconseillé l’été à cause de la chaleur étouffante. J’y suis quand même allé l’été. Et oui, Nîmes est bien une étuve à cette période mais il y a moins de touristes que sur les plages du Languedoc-Roussillon. Pour la chaleur, préférez donc les mois d’avril et mai. Pour ceux qui veulent faire la fête, la prochaine Féria de la Pentecôte de Nîmes aura lieu du 6 au 10 juin 2019.

Combien de jours partir? Je n’y suis resté qu’une journée, autant dire que je l’ai visitée au pas de course. L’idéal serait d’y consacrer 2 jours.

Quel programme? Si vous restez 2 jours, concentrez vous sur les monuments romains phares lors d’une première journée: la Maison Carrée et les arènes de Nîmes au matin. L’après-midi, protégez vous de la chaleur au musée de la Romanité avant de finir la soirée dans un bar à tapas. Le lendemain, sortez du centre pour aller aux jardins de la Fontaine voir le temple de Diane, la tour Magne et le Castellum. L’après-midi peut être consacrée à l’architecture contemporaine comme le Carré d’Art.

Où se loger? Nous avons logé en plein centre à l’hôtel de l’amphithéâtre. Très bien situé, à 2 minutes des arènes, les chambres sont autour de 90 euros.

Où manger des bons tapas? C’est à la Casa blanca qu’il faut absolument aller, un coup de cœur de notre voyage dans le Languedoc Roussillon. Vous pouvez manger au bar ou dans la cour. La décoration hyper sympa rappelle l’Espagne entre les affiches de films, les portraits de toreros et surtout la tête de taureau rebaptisée le taureau funky. Mais quelques jeans Denim (de Nîmes) rappellent dans quelle ville nous sommes quand même. Goûtez les sardines et les seiches à la plancha. Un vrai régal.

MON AVIS SUR NIMES ET SES ENVIRONS:

En 3  jours, Nîmes et ses environs nous ont complètement séduits. Bien sûr par les vestiges romains mais aussi par l’ambiance décontractée qui règne à Uzès et à Nîmes. Si le seul bémol est la chaleur, nous avons été agréablement surpris de nous apercevoir que la foule de touristes annoncée était moindre que celle à laquelle nous nous attendions. Vaut le voyage!

D’autres articles vous attendent sur notre périple dans le Languedoc-Roussillon:

Le Mont Lozère, terre de transhumance

Le musée du Désert, un hommage aux protestants du Languedoc

 

PROCHAINE ETAPE: LE NARBONNAIS (A 1h30 de Nîmes)

 

 

 

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