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4 JOURS A SEVILLE : MON PROGRAMME

Séville est depuis un long moment déjà sur la liste des city breaks européens incontournables. Pour cette raison, on pourrait la trouver étouffante avec son trop-plein de touristes, d’autant que la chaleur dès avril n’arrange pas les choses. Je vous propose donc un programme de 4 jours à Séville, histoire d’en profiter pleinement et de pénétrer dans des lieux comme Triana où on retrouve le plaisir de flâner. L’occasion véritable de vivre la ville.

 

JOUR 1/ LE SEVILLE DE L’UNESCO

Cette première journée est consacrée aux joyaux de la ville, autrement dit des lieux qui captent les touristes. Mais comment manquer ces sites inscrits à l’UNESCO ? Pour plus de détails, j’ai écrit un article là-dessus.

 

MATIN : L’ALCAZAR

Derrière ses remparts, il est difficile d’imaginer les trésors qui se cachent dans l’enceinte. Ce lieu a une histoire ancienne puisqu’il date de l’époque romaine et faisait office d’acropole. Les époques se sont succédées : les premiers temps chrétiens, les Wisigoths, les Arabes avant que les Almohades y bâtissent un palais fortifié. Les rois catholiques ne s’y trompèrent pas et décidèrent de conserver ce magnifique héritage. Le style mudejar, fusion d’influences chrétiennes et arabes, caractérise l’Alcazar qui est encore une résidence secondaire du roi aujourd’hui.

 

Arrivez tôt pour éviter la foule. Evadez-vous dans les jardins et cherchez l’ombre dans les multiples cours. On comprend vite pourquoi Game of Thrones a voulu y tourner des scènes. Il faut dire que l’Espagne lui a accordé de sacrées réductions fiscales.

 

APRES-MIDI : LA CATHEDRALE DE SEVILLE 

    La Giralda est la Tour Eiffel de Séville. Longtemps le plus haut bâtiment de la ville, elle vient juste d’être détrônée par la Tour Sevilla en 2016 en périphérie. Une hérésie pour les habitants les plus conservateurs. La Giralda, c’est en fait l’ancien minaret reconverti en clocher après la reprise de la ville par les Catholiques au XIIIe siècle. La mosquée qui se tenait à cet emplacement a été remplacée par une immense cathédrale, deuxième ou troisième plus haute d’Europe selon les classements, en bataille avec le Duomo à Milan. A l’intérieur, un immense retable en or et le tombeau de Christophe Colomb bien qu’on ne sache toujours pas où est vraiment son corps. Du passé d’Al-Andalus subsiste tout de même cette magnifique cour aux orangers.

 

Deux conseils: profitez des orangers en avril et grimpez jusqu’au sommet de la Giralda pour avoir une vue époustouflante sur la ville. Pour cela, il vous faut réserver impérativement car les places sont limitées.

 

 

JOUR 2/ SEVILLE A VELO LE LONG DES EXPOSITIONS UNIVERSELLES

Pour ce deuxième jour de visite, nous avons fait le choix d’enfourcher un deux-roues pour parcourir la ville. Nous pensions que c’était une bonne idée, notamment parce que nous allions plus loin en périphérie. J’ai tout de même trouvé que la ville n’était pas encore au point sur les pistes cyclables. Elles s’arrêtent par moment mais surtout, elles sont très étroites.

 

Pour louer un vélo, je vous conseille la compagnie Oh my bikes, 11 Avenida de Ménendez Pelayo. Les prix sont vraiment bon marché : 3 euros pour une heure, 7 euros pour 3 heures et 10 euros à la journée. Il y a aussi possibilité de louer des vélos électriques.

 

C’était aussi l’occasion de visiter des sites plus excentrés. Et notamment, des quartiers qui ont accueilli les pavillons des deux expositions universelles qui se sont tenues dans la ville : la première en 1929 et la seconde en 1992 pour fêter le cinq centième anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.

 

MATIN : SUR LES TRACES DE L’EXPOSITION DE 1929

Notre premier arrêt fut la place d’Espagne. J’oserais presque dire qu’il s’agit de la plus belle place du monde. Je m’étais déjà rendu à Séville en 2009 et mon impression n’a pas changé. Créée à l’occasion de l’exposition universelle de 1929, cette place dessinée par Aníbal Gonzáles est une œuvre très éclectique. Elle s’organise en un demi-cercle géant flanqué de deux tours aux angles et longé par un cours d’eau sur lequel naviguent quelques barques pour touristes. Le plus impressionnant, c’est cette série de bancs en faïence, chacun dédié à une province, et qui narre un événement de l’histoire espagnole. La deuxième trilogie de Star wars ne s’y est pas trompée en la choisissant.

 

Un peu plus loin mais toujours dans le cadre de l’exposition universelle de 1929, la Plaza de América est une autre œuvre de Gonzáles. L’occasion pour lui de réinterpréter l’histoire de l’architecture ibérique. Face à face, deux musées se toisent. Si la céramique est toujours présente, le Museo Archeológico est une bâtisse néo-gothique tandis que le musée des Arts et des costumes populaires fantasme le style mudéjar. Si vous ne visitez pas les musées, prenez au moins le temps de regarder leurs façades. Et de chopper une orange qui est tombée par terre.

 

Avant de déjeuner, retour sur nos pas ou plutôt sur nos roues pour prendre un bain de fraîcheur. En effet, la Plaza de América est intégrée à un ensemble plus large : le Parque María Luisa. Ce n’est certes pas le parc urbain le plus inoubliable du monde mais les espaces verts sont rares à Séville et il faut savoir en profiter. Les jardins sont loin d’être désagréables et des œuvres d’art sont disséminées ici et là.

APRES-MIDI : SUR LES TRACES DE L’EXPOSITION DE 1992

Le site de l’exposition de 1992 est situé de l’autre côté du Guadalquivir et il vous faudra pédaler davantage pour vous y rendre. C’est de l’autre côté du Guadalquivir qu’il faudra vous rendre. Autant dire qu’il s’agit d’un endroit bien moins fréquenté que le centre.

 

Commencez par longer le fleuve avec les belles maisons de Triana en toile de fond. Au bout d’un moment, vous passerez sous le pont du Christ de l’Expiration. C’est par là qu’entraient les visiteurs. Vous passerez également devant la Torre de Sevilla et son centre-commercial, la version moderne de Séville. On se dirige comme ça vers le site du monastère de la Cartuja. Cet ancien monastère avait accueilli Christophe Colomb avant son expédition. Au XIXe siècle, il était aussi un centre industriel comme centre de faïence. En effet, l’argile abondait de ce côté du fleuve. Après des années de décrépitude, l’exposition universelle de 1992 lui donna un nouveau souffle et aujourd’hui, il s’est transformé en centre d’art contemporain. Prenez un bon jus d’orange frais dans sa cour.

 

Vous pouvez pousser jusqu’au jardin américain et ceux du Guadalquivir qui faisaient aussi partie intégrante de l’exposition mais j’avoue avoir été très déçu. Ils sont très mal entretenus. Y étant allés au printemps, on ne peut pas vous dire avoir vu pléthore de fleurs.

 

Pour finir l’après-midi, plusieurs options s’offrent à vous. Laissez vous tenter par une sieste comme le font les Sévillans en trouvant un coin d’herbe devant le fleuve ou alors allez boire un verre à l’Alfonso XIII. C’est un vrai palace néo-mudejar construit à l’occasion de l’exposition de 1929. Si les cocktails sont chers et pas forcément fameux, poussez les portes de l’entrée pour admirer le patio. Vous êtes alors en présence d’un des plus beaux hôtels de luxe de la ville, de l’Andalousie et même d’Espagne. Ces deux options peuvent aisément se cumuler.

 

Et pour terminer la soirée en beauté ? Même si ça n’avait plus rien à voir avec le thème des expositions universelles, nous avons craqué pour l’Abantal, le seul restaurant étoilé de Séville. J’ai personnellement adoré la queue de taureau, le chef Julio Fernández Quintero prenant soin de respecter la cuisine traditionnelle andalouse. En la modernisant bien sûr. Réservation indispensable.

Voici l’itinéraire que nous avons suivi à vélo:

 

JOUR 3/ LE LONG DU GUADALQUIVIR 

 Le Guadalquivir est un peu le poumon de Séville. C’est lui qui au XVIe siècle lui a permis de figurer dans le palmarès des trois premiers ports d’Europe aux côtés d’Anvers et Lisbonne, profitant pleinement de la découverte de l’Amérique et du commerce transatlantique qui a suivi. Si Christophe Colomb est parti de Cadix, en revanche, Magellan a bien entrepris son tour du monde involontaire ici en 1519. Aujourd’hui, la navigation a laissé place à d’autres activités.

 

 

MATIN : DANS LES RUES DE TRIANA

Rester 4 jours à Séville vous permettra de découvrir un aspect plus authentique de la cité. Car en 2 jours, pas sûr qu’on ait envie d’aller vers l’autre rive quand les joyaux du centre remplissent à eux-mêmes un week-end.

 

Triana a une histoire riche et est un quartier vraiment à part à Séville. C’est là par exemple qu’on retrouve la plus vieille église de la ville : l’église de Santa Ana. Elle date de 1266 alors que Séville est prise par les Catholiques en 1248. Ils n’avaient certes pas attendu pour bâtir des églises mais souvent, ils se contentaient de reconvertir les mosquées. L’église de Santa Ana est la première construite ex nihilo. Les églises sont nombreuses à Triana et leur entrée est toujours marquée d’une faïence, représentant souvent la Vierge. A l’intérieur, on n’a pas fait d’économie sur l’or. Cherchez aussi les structures qui sortent lors de la Feria de Abríl. Elles me semblaient très lourdes. On m’a appris qu’il fallait 35 messieurs pour la porter. Evitez la visite des églises entre 16 et 18h00 car c’est l’heure de la sieste. Fermeture assurée.

 

Triana, c’est aussi l’ancien quartier où on recrutait les marins. C’est également le berceau de la céramique, un art qui a débuté à l’époque islamique et qui perdure toujours. Le nom des rues, des encadrements de fenêtre, parfois des façades complètes nous prouvent que cet art est vivant. Il faut absolument rentrer dans un magasin. Vous serez par exemple surpris de voir une fontaine complète en céramique. C’est très émouvant de voir que ce métier perdure et est loin d’être rejeté dans les limbes du folklore.

 

Accordez vous une pause déjeuner. Pour une petite bouffe, rien de tel que le marché de Triana. Mini saucissons, tapas, churros … Les classiques de la cuisine espagnole et quelques nouveautés s’y trouvent. Et bien sûr, tous les écriteaux sont en céramique.

 

 

APRES MIDI : SUR LE GUADALQUIVIR

Les activités portuaires ont décliné à Séville depuis bien longtemps, Cadix lui ayant piqué la place. En revanche, le Guadalquivir coule toujours comme un long fleuve tranquille. Si certains jeunes aiment y plonger, sachez que c’est interdit. Si d’autres aiment venir y ronfler une bonne demi-heure voire plus, sachez qu’on vous le recommande. Mais ce qu’on vous conseille le plus, c’est une traversée du canal en kayak avec la compagnie Naturanda. Certes, on ne va pas bien loin mais assez pour s’apercevoir que la ville a fait quelques efforts pour garder des espaces naturels qui attirent les oiseaux.

 

Nous ne pouvions quitter Séville sans un spectacle flamenco. D’ailleurs, on peut y rester 4 jours en s’enfilant plusieurs spectacles. J’avais noté de très bonnes adresses mais le temps nous a manqué. Pour une initiation, je vous conseille la Casa de memoria, un centre culturel dédié au flamenco. Autant dire que les danseurs sont professionnels. Sachez que vous n’aurez pas le droit de filmer ou de prendre des photos, exceptées les 5 dernières minutes du show, ce qui est une bonne chose pour moi. La fougue, l’intensité qui se dégage de cette danse me clouera toujours au sol. Qu’on soit mince ou qu’on ait des rondeurs, qu’on soit jeune ou qu’on approche la soixantaine, elle est loin d’exclure. Je pourrais écrire tout un article sur cette danse si particulière. Il est difficile de trouver une bonne adresse de flamenco à Séville. Bien que la Casa de la memoria est une institution sérieuse, elle est néanmoins destinée aux touristes. En revanche, jetez aux orties les dîners-spectacles.

JOUR 4/ ALAMEDA DE HERCULES, SEVILLE COTE BOHEME

 On nous avait dit que les nuits de l’Alameda étaient inoubliables. Nous l’avons visité de journée et c’était très bien aussi.

 

 MATIN : UNE TOURNEE DANS L’ALAMEDA

Pour moi l’Alameda est un quartier plus alternatif sans hipster ni street art mais bien ancré dans le centre. C’est ce qui m’a plu à Séville. Les habitants n’ont pas été forcés de quitter le centre comme dans d’autres villes. Peut-être que j’ai une vision un peu rose de la chose mais à l’Alameda, les familles vivent encore, font pendre leur linge côté rue et de bonnes odeurs de cuisine se dégagent. Parfois un peu décrépies, les bâtisses ne perdent en aucun cas leur charme.

 

Mes coups de cœur dans le quartier, ce sont ces palais reconvertis en centre d’art mais surtout ce qui a trait à la bonne chère ou au bien boire. Partagez une bière bien fraîche à la Casa Vizcaíno, un bar dont le comptoir est entièrement recouvert de céramique et sur lequel on note les additions à la craie. Très volubiles, c’est impossible de ne pas converser avec un des gens du coin. Pour le midi, le Mercado de Feria est aussi un très bon endroit. Il ouvre à 13h00, heure espagnole oblige. Pour 5 euros, peu importe le plat que vous prenez (souvent à base de poisson), vous avez la bière qui va avec.

 

APRES MIDI : LE METROPOL PARASOL OU LE COTE MODERNE DE SEVILLE

Séville n’est pas vraiment une ville connue pour abriter une architecture contemporaine.  Cette structure de bois surnommée aujourd’hui las Setas (les champignons) par les habitants avait suscité une vive polémique pendant ses six années de construction. Aujourd’hui, Sévillans comme touristes s’en servent comme d’un parasol géant lors des journées chaudes. Entreprenez la montée et vous aurez une vue fantastique sur les toits de la ville.

 

Pour conclure ces 4 jours à Séville, vous ne pouvez échapper à la tournée des bars à tapas. Que cela vous coûte deux euros ou un peu plus si vous allez dans des endroits plus gastronomiques, c’est une expérience clairement à ne pas rater.

 

MON AVIS SUR SEVILLE

10 ans plus tôt, j’étais étudiant et fauché lors de mon premier séjour. Cette année, j’ai totalement redécouvert cette métropole. 10 ans plus tôt, j’étais étudiant et fauché.  Ces 4 jours à Séville  ont été intenses et je n’oublierai pas ce beau voyage à quatre. Séville, c’est une ville qui sait prendre son temps: s’arrêter dans un bar et passer des heures à discuter avec un inconnu, se poser pour pour faire la sieste, accepter que les magasins soient fermés en plein après-midi … Mais quand elle s’éveille, elle est magique. En écrivant ces articles, je sens que je peux rempiler pour un autre séjour. Car il m’a manqué du Murillo, la visite des patios, plus de flamenco. Mais pour ça, il m’aurait fallu une semaine. 

D’autres articles vous attendent sur nos 4 jours à Séville:

Séville, côté gastronomique

=> Triana et l’autre rive du Guadalquivir

=> Le Séville de l’UNESCO

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